Changements climatiques

Réflexion sur l'irrigation des terres agricoles 

Les modifications climatiques sont toujours plus visibles. Elles nous dirigent vers des étés de plus en plus chauds, avec des épisodes de sécheresse prolongés et des hivers de plus en plus doux et humides. Un changement dans la fréquence des événements extrêmes est également attendu.

Pour l'agriculture de nos régions, ces modifications entraînent une précocité plus marquée des cultures et un raccourcissement des cycles végétatifs. L'allongement des épisodes de sécheresse durant la période estivale et l'augmentation des pics caniculaires provoquent de leur côté une élévation de l'évapotranspiration des plantes, donc un accroissement correspondant des besoins en eau pour les cultures.

 

A Genève, l'essentiel de l'eau utilisée pour l'irrigation des cultures est prélevé sur le réseau d'eau potable des services industriels (SIG). Cette situation particulière se traduit, pour les cultures nécessitant un apport d'eau important, par une dépendance géographique au réseau SIG. D'autre part, le prix de revient facturé aux producteurs est fortement influencé par les coûts liés aux infrastructures, ainsi qu'au traitement et à la distribution de l'eau de consommation courante dans l'ensemble de l'agglomération.

Dans ce contexte, l'OCAN a mandaté en octobre 2019 les bureaux acade sàrl et CSD Ingénieurs SA pour conduire une réflexion sur l'évolution des besoins futurs en eau d'arrosage de l'agriculture genevoise, afin d'anticiper d'éventuels besoins complémentaires en investissements. Celle-ci a été menée en concertation avec les agriculteurs, AgriGenève et les services de l'administration concernés (OCEau, GESDEC, OCAN).

 

Résultats 

Cette réflexion a permis d'établir un état des lieux des connaissances sur les effets des changements climatiques pour les cultures (notamment les cultures maraîchères, l'arboriculture, la viticulture, les cultures de pommes de terre et certaines cultures fourragères comme le maïs et la luzerne), de quantifier les besoins futurs en eaux d'arrosage (+20 à +30% par rapport à la situation actuelle) et d'identifier les ressources à disposition (eaux superficielles et souterraines). Après cette première étape, un certain nombre de scénarios ont été esquissés afin d'imaginer plusieurs variantes d'approvisionnement, aptes à répondre aux besoins des différentes spécificités de l'agriculture genevoise.

 

Figure 1: Secteurs et principales zones de cultures pour la localisation des besoins en eau. 

chgt climatique

Dans le cadre de l'inventaire des ressources exploitables, il a été relevé que, pour les eaux superficielles et en tenant compte des restrictions règlementaires (débit résiduel minimal des cours d'eau) et des contraintes à la fois de prélèvement (turbidité) et d'usage (absence de contaminants), le lac et le Rhône sont les seules ressources présentant un réel potentiel pour l'irrigation agricole.

Concernant les eaux souterraines, l'inventaire des nappes (nappes principales du domaine public et nappes superficielles) a montré un potentiel intéressant, mais qui reste à préciser avec les experts du GESDEC.

 

Figure 2: Eaux souterraines, synthèse des ressources potentielles. 

ressources en eau

 

En conclusion

On peut considérer que le canton de Genève dispose de ressources potentiellement importantes, a priori à même de satisfaire les besoins futurs en irrigation de l'agriculture, ceci dans le respect des cycles hydrologiques naturels et en équilibre avec les autres usages.

Les propositions d'approches liées à la faisabilité technico-économique des infrastructures, ainsi qu'à la localisation des besoins doivent être encore affinées et confirmées avec toutes les parties prenantes, en intégrant au besoin les approches visant à mitiger les effets de la sécheresse sur les cultures, par une adaptation des variétés et des techniques culturales.

L'adaptation des systèmes d'irrigation aux changements climatiques est un travail qui porte sur le long terme. Dans cette perspective, les premiers résultats obtenus ne sont que le début d'un processus considéré comme prioritaire par l'OCAN pour les prochaines années.

 

PARTENAIRES 

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