Généralités
Afin de pourvoir bénéficier des paiements directs (subventions fédérales et cantonales), souvent indispensables au bon fonctionnement d’une exploitation agricole, les agriculteurs doivent respecter plusieurs conditions en lien avec la protection de l’environnement. Ils doivent notamment mettre en place, sur une certaine proportion de la surface qu’ils cultivent, des surfaces favorables à la biodiversité que l’on appelle surfaces de promotions de la biodiversité (SPB). Parmi ces surfaces, on retrouve notamment les prairies extensives, les haies, les jachères et les arbres fruitiers haute-tige. Les agriculteurs.trices ont la responsabilité de faire respecter les conditions et charges exigées pour chacune de ces structures particulières.
Ces surfaces contribuent à préserver la biodiversité et enrichissent aussi le paysage. Ces structures sont à protéger de toute nuisance car elles servent d'habitats pour tout un panel d’espèces végétales et animales, parfois rares et menacées.
Pour cette raison, les SPB ne doivent pas être utilisées pour se promener, ce qui leur porterait préjudice et irait à l'encontre du but recherché.
Les SPB sont classées en deux niveaux de qualité selon les exigences demandées, soit les niveaux de qualité I et II (QI et QII). Dans le système des paiements directs, la création de réseaux agro-environnementaux est un instrument supplémentaire visant à connecter les surfaces entre elles afin de permettre le déplacement des espèces entre ces surfaces.
Le canton a développé depuis 1991 un instrument législatif permettant de compléter le dispositif fédéral concernant la mise en place des différents types de SPB. En complément à la législation fédérale, le canton de Genève dispose d'une loi visant à promouvoir des mesures en faveur de la biodiversité et de la qualité du paysage en agriculture. Cette loi cantonale M 5 30 et son règlement d'application ont permis de soutenir/rémunérer les agriculteurs.trices qui le souhaitaient, à mettre en place, par exemple, des prairies riches en espèces ainsi que d'autres structures intéressantes pour la biodiversité comme les haies basses et les surfaces pour l'avifaune.
Haie basse, commune de Versoix, 2010 - photo : © Véronique Meyer
Ces surfaces pour l’avifaune, composées de structures arbustives, sont notamment favorables aux oiseaux tels que l’alouette des champs, le bruant proyer ou le Tarier pâtre, mais aussi à d’autres groupes comme les papillons. Cette mesure spécifique, développée à Genève, en collaboration avec la station ornithologique Suisse, a été un outil précurseur, qui permis de faire évoluer les bases légales fédérales.
De ce fait, notre canton présente depuis de nombreuses années environ 12 % de la surface agricole utile (SAU) en SPB, alors que la Confédération en demande 7 % pour une exploitation en grandes cultures. Ce pourcentage a encore augmenté grâce à la mise en œuvre des réseaux agro-environnementaux et se situe aux alentours de 15% de la SAU.
Le suivi biologique des réseaux (Réseaux agro-environnementaux genevois | ge.ch) réalisé entre 2016 et 2017 montre que les efforts consentis ont portés leurs fruits. La biodiversité de notre campagne se porte globalement bien, même si des efforts peuvent encore être faits. Les agriculteurs genevois, malgré l’exiguïté du canton, jouent un rôle majeur dans la conservation des espèces agricoles à l’échelle nationale.
Le graphique ci dessous est axé sur les surfaces les plus valorisées, cependant le paysage agricole genevois regroupe l'ensemble des surfaces de promotion de la biodiversité prévues par la Confédération.
Source : SPB (ha) - rapport d'activité 2020-2025, Office cantonal de l'agriculture et de la nature, Département du territoire.
Réalisée par AgriMandats dans le cadre des animation de réseaux agro-environnementaux dans le canton de Genève, en compagnie des agriculteurs.trices ainsi que des bureaux Viridis Environnement et Atelier Nature et Paysage (ATNP).
Filmé et monté par Marie Garcia
Crédits musicaux : Vlad Gluschenko - Time. Musique libre de droits

