Techniques de production

Agriculture de conservation

Genève un Canton pionnier

Précurseurs en la matière, les agronomes d’AgriVulg mettent en œuvre depuis 11 ans le concept d’agriculture de conservation. Cette technique permet de limiter le travail du sol et donc les émissions de CO2, tout en favorisant des couverts végétaux qui séquestrent du carbone atmosphérique dans les sols et limitent le recours aux herbicides. En outre, cette technique augmente la fertilité des sols et accroit la biodiversité.

Qu'est-ce que l'agriculture de conservation ?

L'agriculture de conservation est un ensemble de techniques culturales destinées à maintenir et améliorer le potentiel agronomique des sols, tout en conservant une production régulière et performante sur les plans technique et économique.

Elle est définie par la FAO comme étant "système cultural qui peut empêcher la perte de terres arables tout en régénérant les terres dégradées".

Cet ensemble de techniques vise une meilleure rentabilité économique à long terme en réduisant le besoin en intrants (engrais, produits phytosanitaires et carburant) sans pour autant les interdire. Cette technique est une des mesures cantonales de réduction des risques liés aux produits phytosanitaires (Mesure n°12)

Ces techniques reposent sur trois piliers :

1. La réduction voire la suppression du travail du sol. Ne plus retourner et ne plus travailler profondément le sol par des techniques de

  • semis sous litière;
  • semis en bandes;
  • semis directs.

2. Une couverture permanente du sol. Par les cultures, plantes compagnes et couverts végétaux intermédiaires.

3. Une amélioration de la rotation des cultures.  Suffisamment longue et variée pour limiter les nuisibles (mauvaises herbes, insectes, maladies), et donc les interventions phytosanitaires.

 

Travail et couverts

Comment ça marche ?

Après avoir couvert le sol et réduit l’intensité du travail mécanique, il faut adopter un enchainement de cultures varié et cohérent pour maintenir le sol en bonne santé. La mise en place de ces trois paramètres - couverture des sols, travail minimum du sol et rotation diversifiée, est définie comme une nouvelle pratique agricole : l’agriculture de conservation. C’est une approche cohérente qui permet de réaliser des économies mais également de préserver l’environnement : la consommation de gasoil est diminuée et le sol s’enrichit en carbone sous forme d’humus, grâce aux engrais verts. Ces derniers permettent également de diminuer la consommation d’engrais ainsi que l’érosion grâce à la présence de matière organique en surface.

La séquestration du carbone par les sols

Une couverture permanente permet de stocker du carbone qui est piégé sous forme d’humus dans les sols et offre de plus une formidable capacité à séquestrer du CO2 atmosphérique. C’est actuellement le seul moyen tangible et rapide d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Pour ce faire, les taux de matière organique des sols devraient augmenter, ce qui est notamment favorisé par des techniques telle que l’agriculture de conservation. A Genève, un monitoring de la qualité des sols est en place depuis plus de 25 ans et ses résultats permettent d’affirmer que le potentiel de stockage de CO2 est très élevé dans notre canton.

L'agriculture de conservation à Genève en quelques chiffres

En 2019, l’agriculture de conservation est pratiquée sur plus de 2000 hectares à Genève. A noter que la moitié des terres cultivées à Genève n’est plus labourée, mais conduite en techniques culturales simplifiées. En agriculture, les techniques culturales simplifiées regroupent des méthodes de travail limitant le travail du sol.

Le potentiel de séquestration du carbone a été estimé, pour les terres assolées genevoises, à 700'000t de CO2, si l’on souhaite combler a minima le déficit de teneur en humus. Sur le terrain, de nombreuses parcelles en agriculture de conservation affichent des taux de séquestration du CO2 atmosphérique très élevés par rapport à l’objectif climatique d’une augmentation de 4 %o par année. Le plan climat genevois ambitionne de séquestrer 15'000t de CO2 chaque année dans les sols, soit 150'000t d’ici 2030. Le taux de 15 %o correspondant à ce chiffre est effectivement atteint par des exploitations en agriculture de conservation.

Ressources

Objectif Terre

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